Jeudi 15 mai 2008
Pharaon a voulu tuer les premiers nés juifs, Aman a visé plus haut en planifiant extermination de tous les juifs de Babylone, Hitler a presque réussi à épurer l'Europe de ses juifs, Ahmadinejad s'est fixé des objectifs beaucoup plus ambitieux.

 

Il est de coutume de penser que l'objectif d'Ahmadinejad est de rayer Israël de la carte. Erreur. Cette phrase souffre d'une grave erreur de traduction. Elle a été corrigée par John Mearsheimer et Stepen Walt, deux écrivaillons, qui sous prétexte de stigmatiser le Lobby juif qui mènerait l’Amérique à la baguette, soutiennent le régime de Téhéran, et s'associent à tous les Négationnistes qui considèrent, à l'instar de Le Pen, que la Shoah n'est qu'un détail de l'histoire.

Les deux énergumènes nous précisent, qu'en fait Ahmadinejad, ne fait que reprendre une phrase du pas-du-tout-regretté Ayatollah Khomeiny, qui nous dit en Farsi, que "ce régime doit disparaître de la page du temps". Ouf, on est rassurés, mais à la réflexion pas tellement.

Car disparaître de la page du temps signifie disparaître de l'Histoire de l'Humanité, disparaître de la mémoire des  peuples et disparaître du Livre et des livres. En fait, faire en sorte, comme si les juifs en général, et Israël en particulier,  n’avaient  jamais existé. Etablir une sorte d'amnésie collective, qui fera oublier jusqu'à leur souvenir. 

Khomeiny connaissait ses classiques, et semble t-il aussi la Torah. En effet quelle est la punition extrême pour un individu ? C'est de disparaître de la mémoire collective ou être effacé du Livre, ce qui revient au même. Il est écrit en effet "efface le souvenir (Zékhér) d'Amalék" et aussi "efface-moi du Livre que Tu as écrit". Cette deuxième phrase est prononcée par Moshé qui demande à D. de rayer son nom du Livre des Livres, s'Il ne pardonne pas aux Hébreux d'avoir construit le veau d'or.

Il ne suffit pas de combattre Amalék, le haïsseur suprême des hébreux, à chaque génération, l'objectif final doit être beaucoup plus ambitieux: effacer toute trace de son existence.

Or Khomeiny nous dit exactement la même chose en remplaçant Amalék par Israël. Effacer de la page du temps. La page renvoie sur le Livre, et le temps sur l'Histoire ; la combinaison des deux est la mémoire collective de l'humanité. Il ne soutient pas, comme le non-regretté-non-plus Cheikh Yacine, théoricien du Hamas, qu'il ne verrait pas d'un mauvais œil qu'Israël soit implanté....en Pologne, par exemple, ce qui suppose une simple épuration territoriale et non une épuration mémorielle.


Khomeiny va beaucoup plus loin que tous les illustres haïsseurs des Juifs. La preuve en est que son disciple Ahmadinejad, organise à Téhéran les assises de la Négation de la Shoah, dont le but essentiel est de tenter d'effacer la trace de l'Holocauste des Livres d'Histoire; première étape. La seconde devra certainement correspondre avec l'arrivée du Mahdi (le douzième Immam caché), le Messie tant attendu par les Chiites, qui, équipé de la bombe atomique, préparée par ses disciples, connaîtra certainement l'art et la manière d'effacer Israël, dans tous les sens du terme.

 

Il n'est pas innocent non plus qu'Ahamadinejad porte un nom aussi symbolique. Quelques explications: le nom de famille du jeune Mahmoud à sa naissance était Saboradjian. Son père le dota un an après sa naissance, lorsque toute la famille émigra à Téhéran, de son nom actuel; sachant que "nejad" signifie "race" et Ahmad est un des multiples prénoms du Prophète Mahomet. Le Patron de l'Iran actuel serait ainsi de la race du prophète ; sachant qu''il portait déjà son nom Mahmoud. Par ailleurs le mot Mahdi est aussi intégré dans Ah-madi-nejad. Il serait donc non seulement de la race de Mahomet mais aussi le messie en puissance.

Ces arguties sémantiques peuvent nous sembler sans intérêt, mais il n'est probablement pas de même pour les Perses qui ont évidemment intégré qu'Ahmadinejad se sentait investi d'une mission qui dépasse le simple cadre politique. Les avenues qu'il a tracé à Téhéran pour accueillir en grande pompe le Mahdi, lorsqu'il daignera venir, ne sont pas que de l'urbanisme, les restrictions d'essence imposées à ses compatriotes, dans un pays qui regorge de pétrole, ne sont pas neutres non plus. Ce Monsieur se sent investi d'une mission quasi divine. Et c'est pour cela qu'il est terriblement dangereux.

Le bon père Bush l'a compris depuis un bon moment. La question est : va t-il mettre à profit le peu de temps qui lui reste à la Maison Blanche pour "donner la punition" à L'Iran. Le moment en tout cas est bien choisi parce que son image étant ce qu'elle est, à savoir désastreuse, qu'est-ce qu'il risque à la ternir encore plus ? Par contre, une attaque, même partiellement réussie, contre cet Iran qui lui fait tant de misères en Irak, qui soutient et arme le Hamas et le Hezbollah, lui redorera sacrément le blason. Et puis, après lui, le déluge, c'est à dire un des trois candidats à la Maison Blanche, dont deux, sont assez d'accord pour ne pas croiser les bras face à l'Iran.

Alors, peut-être, que ce n'est pas le souvenir d'Israël qui sera effacé de la page du temps, mais bien celui d'Amalék.

 

Aujourd’hui je fête un grand événement : mon cent cinquantième article et un an d’existence de mon blog. Il faudrait que je fasse un SIOUM, comme on dit en hébreu. Mais je ne peux pas le faire tout seul, alors Lehaïm, à votre santé et à la vie !

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Mardi 13 mai 2008

 

Le Figaro se gargarise de l'ascendance agniellesque du nouveau patron de Fiat: "John Elkann, vrai Piémontais, à la silhouette d'un héros stendhalien".

Adoré par son grand-père, l'avvocato Gianni Agnelli, qui  très tôt avait pressenti que son petit fils avait l'étoffe d'un grand patron d'industrie, le jeune homme est devenu aujourd’hui le boss de Fiat.

J'aimerais simplement rappeler au Figaro qu'en général tous les hommes ont deux grand pères, et qu'il oublie de mentionner le second: Jean-Paul Elkann.
Il se trouve que de par les hasards de la vie, j'ai pu rencontrer Jean-Paul Elkann, alors qu'il avait racheté les Parfums Caron et s’apprêtait à lancer une eau de toilette pour homme, Yatagan, qui allait, d'après lui, révolutionner ce marché. Nous avons travaillé quelque temps ensemble sur ce lancement.

A l'époque j'avais noté ce qui me paraissait une bizarrerie dans son comportement; en effet il ne déjeunait jamais avec nous, s'enfermant seul dans son bureau à l'heure du déjeuner. Une enquête rapide me révéla qu'il mangeait cacher et se faisait porter ses repas au bureau. A cette époque Jean-Paul Elkann avait succédé à Alain de Rothschild, comme Président du Consistoire central. C'était aussi  l'époque du Grand rabbin Joseph Sitruk.

Très actif dans la Communauté, il était aussi grandement impliqué en Israël, où il avait été nommé Gouverneur du Technion de Haïfa; Jean-Paul Elkann avait  en effet fait ses études d 'ingénieur à Columbia et était devenu un des grands patrons sidérurgistes français. Son fils avait épousé Margheritta, une fille Agnelli, dont il a divorcé par la suite. De ce martiage est né John.

Cette brève biographie de son autre grand père est uniquement destinée à rectifier la filiation à sens unique que développe le Figaro. John serait, si effectivement sa mère a épousé religieusement le fils de Jean-Paul Elkann, comme il est écrit quelque part, un bon juif ashkénaze, apparenté à ce que l'on a coutume d'appeler une grande famille juive de l'est.

Je lui souhaite bon vent et bonne chance en tant que patron de la prestigieuse Fiat, dont j'apprécie particulièrement l'Alfa 156, et suis persuadé qu'il fera aussi honneur à son autre grand père Jean-Paul Elkann Zal, en continuant la lignée de ses ancêtres.

 

John Elkann est peut-être un  vrai Piémontais et un héros stendhalien, mais il  serait aussi, plus prosaïquement, un  Feuj.

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Dimanche 11 mai 2008



Partis de Canaan au nombre de 70, à la suite d'une famine épouvantable , Jacob, ses fils et ses brus, émigrent en Egypte où Joseph, le fils prodigue, fut assez malin pour constituer un stock de vivres suffisant pour permettre aux Egyptiens et aux Cananéens de supporter les années de famine.


En l'an 2238 après la création du monde, soit 3530 années avant ce jour, Joseph fait venir sa petite famille et l'installe confortablement dans la région de Goshen en Egypte.

Jusque là rien que de très banal; le fils qui a émigré en premier dans l' Amerique de l'époque, pense aux siens, se préoccupe de leur bien-être, et les fait venir dans le pays, où il a acquis une bonne situation.

Et c'est effectivement ce qui se produit: une atroce famine sévit dans tout le Proche-Orient mais la famille de Joseph, devenu vice roi d'Egypte, ne manquera de rien.

Le génie de Joseph n'est pas tant d'avoir interprété les rêves de Pharaon mais d'avoir proposé et exécuté une politique économique audacieuse, qui fait de lui le premier grand économiste et Ministre des finances de l'Histoire.

Rappelons les faits: le Pharaon fait un rêve que vous connaissez bien: sept vaches grasses et sept épis de blés en bonne santé sont avalés par leurs parfait contraire; à savoir sept vaches squelettiques et sept épis de blés rachitiques. Rien extraordinaire à ce rêve, si ce n'est qu'il perturbe énormément Pharaon.

La première question qui vient à l'esprit, c'est pourquoi ce rêve le dérange au point de faire venir tous les magiciens et devins du royaume pour l' interpréter ? Parce que Pharaon pressent confusément que ce rêve est capital et possède une portée nationale et non personnelle. Le pharaon est avant tout un Chef d'Etat, investi d’une mission vis-à-vis de son peuple. Ses rêves ne sont pas ceux du fellah du Nil, dont les rêves ne transcendent pas son vécu quotidien, sa personnalité ou sa structure psychologique. Le Pharaon est le responsable final du bien être de ses sujets et de la grandeur de son pays, et c’est pour cela qu’il est hanté, non pas par ses rêves, mais par son impossibilité à les traduire en termes politiques, militaires ou économiques.

 

Joseph sait qu’un rêve qui se raconte aussi aisément, fait partie de ceux qui interviennent dans la dernière phase du sommeil. Ces rêves ne sont pas pollués par des interférences gastriques qui pourraient provenir du dernier repas ingurgité. Ils ont par conséquent une probabilité de réalisation supérieure aux rêves qui suivent la phase d’ endormissement ou ceux du milieu de la nuit.

M'est avis que le Pharaon a parfaitement compris le sens du rêve et ne demande qu'à être conforté dans ses intuitions. La meilleure preuve est que lorsque les devins lui apportent des interprétations fantaisistes , il les renvoie à leurs études, parce qu'il sait que ces interprétations ne correspondent pas à la réalité. En fait Pharaon ne cherche pas quelqu'un qui vienne lui interpréter ses rêves, mais une personne assez sage et compétente qui lui apporte une solution au problème qu'ils posent. Et c'est là qu' intervient le génie de Joseph. Avec toute la houtspa (culot) de l'israélien qu'il est, il propose, aussitôt avoir constaté que son interprétation avait satisfait le pharaon, de le nommer à la tête des finances publiques "Que le Pharaon choisisse un homme sage et intelligent et qu'il le prépose au pays d'Egypte". Bien évidemment, il pense à lui, et le Pharaon n'est pas dupe, d'autant plus que Joseph expose dans la foulée au Pharaon la politique économique à mettre en oeuvre.

Pharaon a trouvé chez Joseph à la fois un un psychanalyste qui sait donner du sens aux rêves, un homme courageux qui prend le risque de proposer sa propre candidature aux plus hautes fonctions, de manière fort diplomatique, et un économiste génial capable de résoudre le problème de la famine généralisée qui ne manquera pas de s'abattre non seulement sur l'Egypte mais dans toute la région du Proche-Orient. Quant un Chef d'Etat trouve une telle perle rare, il ne la laisse pas passer.

Aussitôt dit, aussitôt fait, le Pharaon nomme Joseph au poste inespéré de Premier ministre et non seulement au Ministère des finances et à l'économie, comme on aurait pu s'y attendre. Joseph sera le "père nourricier" du peuple.

Les sages nous précisent qu'un des éléments qui avaient guidé Joseph dans son interprétation est le fait que le rêve du Pharaon eut lieu à Roch Hachana, (Talmud Roch Hachana 10 b) ; à savoir le jour où le destin des hommes, mais aussi des nations, est fixé par En Haut. Le Pharaon engage donc non seulement sa petite personne mais le destin de l'Egypte toute entière.


Voyons donc la politique que mena Joseph

Il commença par créer un impôt exceptionnel, qui correspond à 1/5 de la production, pendant les 7 années d'abondance. Chaque fellah devait apporter à Pharaon un cinquième de sa récolte.

En parallèle il abolit provisoirement la liberté de commerce: l'Etat est désormais seul habilité à se porter acquéreur de la production agricole des égyptiens. Par là même il empêche la spéculation sur les denrées alimentaires, qui n'aurait pas manqué de se produire en période d'abondance, et l'inflation en période de disette. Les égyptiens vendent donc toute leur production , soit les 4/5 qui leur restent, après avoir acquitté leurs impôts à l'Etat, à bas prix, puisqu'on est en période d' abondance. L'Etat disposant ainsi de toute la production disponible en Egypte revendra aux égyptiens ce qui leur est nécessaire, en réalisant bien entendu un joli bénéfice au passage. Il est aussi le seul exportateur habilité à vendre aux contrées qui viendront à manquer de farine.

La production agricole d'une région n'est pas éclatée à travers le royaume, mais reste stockée près des lieux de culture; de sorte que les paysans peuvent voir où va leur blé et ne pourront pas soupçonner des fraudes de la part de l'Etat. cette mesure est particulièrement judicieuse, car elle crée un rapport de confiance entre les Pouvoirs publics et les administrés.

Autre innovation majeure: c'est la conservation de denrées agricoles sur plusieurs années. A l'époque les silos réfrigérés n'existant pas, les Sages nous indiquent comment fit Joseph pour conserver des denrées périssables pendant 7 ans ou plus: en ajoutant aux céréales de la terre tirée des champs où elle a poussé. Les céréales stockées non loin du lieu où elles ont été cultivées ne pourriront  pas.

Le système mis au point par joseph fonctionne pendant les sept années  de surproduction. Arrive comme prévu à la période de disette ; les récoltes sont lamentables. L'Etat possédant tout le stock de blé et d'autres aliments vend des produits alimentaires aux habitants moyennant monnaies sonnantes et trébuchantes; mais l'argent vient à manquer, alors les égyptiens vendent leur bétail à l'Etat pour recevoir en échange de la nourriture. Bien sûr, le bétail vient aussi à manquer. il ne leur reste à vendre que leurs terres et leurs personnes physiques. Affamés ils sont obligés de vendre leurs terres à la Couronne. La terre d'Egypte n'appartient plus aux habitants qui la cultivent mais à pharaon. Mais, ayant vendu leurs terres et n'ayant plus à vendre que leur personne, Joseph refuse de les considérer comme de serfs ou des esclaves. Il leur donne des semences et demande en échange que l'impot convenu, du cinquième de leur production, soit remis au Pharaon. Les égyptiens continueront à être des paysans libres, ayant droit à 4/5 de leur production. A signaler que tout au long des siècles et ce, jusqu'à une période récente, les paysans étaient assimilés à des esclaves;le roi ou le Sineur local i prélevait bien plus que la moitié de leur récolte.

Que peut-on retenir de la politique de Joseph en Egypte, qui soit pertinent de nos jours, compte tenu des perspectives sombres de l'économie mondiale ?


Une première leçon que nous donne Joseph est l'anticipation en matière économique. Il sait que c'est en période de prospérité qu'il y a lieu de prévoir les mesures à prendre lorsque la récession économique inéluctable arrivera. La croissance n'est pas éternelle et elle porte en elle les germes de la récession . En fait Joseph a intégré le caractère inéluctable des cycles économiques théorisés quelques milliers d'années après lui par les économistes du XIX e siècle: Expansion, Crise, dépression, reprise inévitable, plus ou moins rapide selon les décisions prise par le pouvoir.

 


Les Gouvernants des Nations ou des grandes Organisations Internationales ont tendance à raisonner à court terme et sont pris de court par des phénomènes qu'ils auraient pu anticiper. Ainsi l'enchérissement des matières premières, et plus spécifiquement des produits agricoles, blé, maïs, riz... était inscrit comme le nez au milieu de la figure de par l'émergence de nouveaux pays consommateurs, des primes accordées aux agriculteurs pour transformer leur champs de maïs à l'usage des hommes en agrocarburant, du non soutien à l'agriculture dans les pays africains


Le renchérissement du blé donne naissance, en Egypte précisément, à une spéculation effrénée, parce que les boulangers détournent le blé subventionné à l'usage du peuple pour le revendre au marché noir, à tous ceux qui ont le moyen d'acheter le pain 10 fois plus cher. Il est intéressant par ailleurs de constater que les habitudes alimentaires n'ont pas changé en Egypte depuis le temps de Joseph: les égyptiens sont depuis les temps bibliques les plus gros consommateurs de la planète de pain. Ce n'est en effet pas un "hasard"  si dans le rêve de Pharaon il est question d'épis de blés, gras puis maigres, et qu'aujourd'hui, les égyptiens descendent dans la rue pour réclamer du pain, et que Moubarak ne trouve rien de meieux à faire que d'envoyer la troupe pour calmer les émeutes.

Si Joseph n'avait pas anticipé la disette, avant même la phase de croissance , et constitué des stocks, les égyptiens de l'époque, auraient renversé le pouvoir pharaonique, qui n'était pas en mesure de les nourrir. Et l'histoire de l'Humanité aurait été décrite autrement.

Une autre leçon donnée par Joseph c'est l'établissement de la confiance entre gouvernants et gouvernés. En faisant acheter par l'Etat tout le stock de blé des paysans égyptiens, il prend soin de l'entreposer près des lieux où il a été cultivé. Il aurait aussi pu bâtir quelques silos gigantesques et y stocker les grains. C'eut été sans doute moins cher. Au lieu de cela il ne fait pas voyager les matières premières agricoles, mais prend soin de les entreposer là où les cultivateurs pourront les voir. Le blé n'appartient plus au fellah, mais il sait qu'il est là, visible, et que le Pharaon ne l'a pas utilisé pour s'enrichir personnellement. Que l'Etat ne se livre pas à des spéculations insensées ou exporte vers des pays lointains où on perd sa trace.

La proximité entre le travailleur et les Pouvoirs publics serait aussi un bon exemple à méditer à l'ère de la mondialisation, de la spéculation et de la primauté de la finance la production. Si Joseph avait fait voyager les matières premières, à l'insu de la population, comme il en avait le droit, les fellah égyptiens seraient descendus dans la rue pour s'enquérir de la destination de leur blé. Et le Gouverneur local n'aurait pas pu ou su que leur répondre. Si de nos jours, il y avait une plus grande transparence entre le produit fini, sa provenance et sa destination, les consommateurs, les ouvriers et les paysans seraient certainement moins angoissés.

Joseph nous donne une leçon de démocratie directe où les citoyens et les travailleurs ne sont pas mis au rencart et sont honnêtement informés sur les agissements des pouvoirs publics.


L'Egypte de l'époque peut être considérée comme le réservoir à blé du monde connu. De sa prospérité dépendait la survie de tous les peuples environnants. Le système mis en place par Joseph a valeur d'un modèle macro économique, applicable de nos jours. Il pourrait faire penser à une soviétisation des l'économie, mais ce n'est pas le cas, car les paysans conservent l'essentiel du produit de leur labeur, même s'ils ne peuvent disposer à leur gré de la terre. Par ailleurs la privatisation du sol a été passagère, n'intervenant qu'en période de crise majeure.


Le système mis en place par Joseph a permis d'éviter la spéculation sauvage, l'inflation galopante, la mondialisation incompréhensible et inhumaine et surtout ....la faim, qui est la plus grande menace qui guette aujourd'hui plus d'un milliard
d'individus.


Et le plus étonnant de l'histoire, c'est qu'à la mort de Joseph, se leva un Pharaon qui n'a jamais entendu parler de lui, et de son génie. Mais ça c'est une autre histoire, qui nous parle de l'amnésie des puissnts de ce monde lorqu'il s'agit de reconnaître l'apport des juifs à l'Humanité.

 


 

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Samedi 10 mai 2008


Présenter Olmert comme un assassin en puissance est une ignominie !

 

Moshé Talansky aurait déclaré à un policier qu'il avait peur qu'Olmert n'envoie un homme de main s'en prendre à sa personne. Sur la base de cette confidence, le Procureur en charge du dossier, aurait décidé de permettre à  Moshé Talansky de témoigner en toute hâte, tant qu'il était encore, physiquement, en mesure de le faire. Ce prétexte, largement repris par les médias israéliens, qui permet au Procureur de faire témoigner Talansky, avant qu'il ne se volatilise aux Etats-Unis, porte un  préjudice considérable au Premier Ministre, et salit l'Etat d'Israël.  

Olmert ne serait pas seulement soupçonné d'avoir touché des pots de vin, il serait aussi un maffieux,  un assassin en puissance.

On se croit revenir aux années Al Capone ou aux mauvaises Séries noires, où le Parrain envoie des hommes de main faire la peau aux témoins gênants. On rêve!

J'ignore le contenu exact de ce qui est reproché à Ehoud Olmert, mais relayer, à grands coups de manchettes de journaux,  les soupçons infamants et diffamatoires d'un Monsieur, qui ne doit pas être très propre sur lui, et qui de plus, est prêt à témoigner contre quelqu'un qui fut son ami, m'horripilent au plus haut point.

Je vois très bien les médias étrangers, trop heureux de discréditer Israël, reprendre cette information, en la déformant comme ils ont l'habitude de le faire et titrer: "Olmert n'est pas seulement un escroc, c'est aussi un parrain de la maffia".

Talansky n'est pas le seul à charger Olmert, Uri Messer, l'ancien associé du Premier ministre, alors que celui ci était avocat, se joint aux hyènes, pour l'enfoncer encore plus, alors qu'il reconnaît avoir reçu ces pots de vin mais en ignorer leur provenance et leur destination; il faisait seulement office de comptable.  On continue à rêver.


Je ne suis pas un inconditionnel d'Ehoud Olmert, mais le voir traiter de maffieux sicilien, prêt à faire descendre un témoin géant, me concerne en tant qu'israélien; que je le veuille ou non, c'est quand même mon Premier ministre.

 

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Jeudi 8 mai 2008


 

Un sondage réalisé par Yédiot Ahronot, en collaboration avec l'Association Géshér, qui oeuvre pour la création d'un pont, comme son nom l'indique, entre ceux qui croient au Ciel et ceux qui n'y croient pas, et auquel ont participé des milliers de personnes, a révélé des résultats fort intéressants

La question portait sur la personnalité qui a le plus contribué à l'identité juive de l'Etat d'Israël.


Les gagnants sont:


1     28 %                Rav Kook

2     22%                 Ben Gourion

3     18%                 Rabbi de Loubavitch

4     6 %                  Herzl

5                             Rav Ovadia Yosseef

6                             Yeshyaou Leibovitch

7 et 8, ex aequo     Shulamit Aloni et rav Shakh

9 et 10, ex aequo   Hana Sénésh et Bialik


Je ne me serais jamais attendu à ce classement, mais ce sont les lecteurs de Yédiot Ahronot qui l'ont décidé ainsi, et on ne peut pas les taxer d'excès de religiosité. Je me sens après ces résultats d'avantage rassuré quant à la perspicacité des israéliens. Mettre le rav Kook en tête sur le critère de la personnalité qui a le plus contribué à la coloration juive d'un Etat qu'il n'a jamais connu puisqu'il est décédé en 1935, me semble marqué du coin du bon sens. En effet c'est lui qui a le plus contribué à rapprocher les 'Hilonim , non pratiquants, et les religieux. C'est lui qui a fondé les bases du Sionisme religieux. C'est lui qui a fait fleurir la croyance que le rassemblement des Juifs sur leur terre était le signe de At'halata Déguéoula., soit le commencement de la Délivrance. C'est lui qui le plus souffert de l' opposition farouche des 'Harédim, ultra religieux, non sionistes, qui lui ont fait subir des tas de misères.

Le second sur la liste, soit David Ben-Gourion, n'est pas une surprise, le troisième par contre, le Rabbi de Loubavitsh, qui n'a jamais mis les pieds en Israël en est une, puisqu'il devance même, et de beaucoup, Théodore Herzl. Ce choix me paraît éminemment justifié.

La passionaria d' extrême gauche, soit la bouillante ex ministre de l'Education, Shulamit Aloni, arrive ex aequo avec le précèdent leader des ultra orthodoxes litvak , rav Shakh. Ce qui prète à sourire.

La poetesse Hana Senesh figure dans le classement de tête. La kibboutsnikit de Sdot Yam, celle qui composa a le fameux Eli, Eli, fut aussi une femme d'action qui mourut à Budapest, horriblement torturée, pour avoir tenté de sauver des juifs hongrois. Quant à Bialik, le plus fameux des poètes israéliens , il n'est pas nécessaire de le présenter.


Ce classement montre que dans le top dix figurent aussi bien des rabbins que des poètes, des sionistes de gauche comme des visionnaires et des penseurs. Les grands absents sont les militaires et politiques. On aurait pu penser que que Itshak Rabbin figurerait sur la liste.

J'aime les résultats de ce sondage parce qu'il reflète le génie juif, dans ce qu'il a de plus pointu et de plus diversifié. On m' objectera que des biais statistiques le rendent peu fiable. Ca m'est égal. Reconnaître Rav Kook comme la personnalité dominante du judaïsme contemporain, suffit à mon bonheur.

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Jeudi 1 mai 2008

 

 

J'ai vu, comme une bonne vingtaine de millions de français, le film "Bienvenue chez les Chtis". Il m'est arrivé d'esquisser un sourire, et, en sortant du cinéma, je me suis empressé de l'oublier, comme on a tendance à oublier un film de seconde zone qui ne mérite pas de passer à la prospérité.

Quelle ne fut ma surprise d'apprendre que les Chtis battaient tous les records d'audience, et que depuis la "Grande Vadrouille", aucun film français n'avait tant enthousiasmé  les français.

Je me suis interrogé sur les raisons de ce succès et suis arrivé à la conclusion que les français étaient vraiment paumés dans ce vaste monde, dont les règles de fonctionnement échappaient à leur compréhension, et que toute référence à quelque chose de bien franchouillard, qu'ils étaient seuls à comprendre, et auquel ils pouvaient s'identifier, constituait  une véritable bouffée d'oxygène.

La médiocrité, accompagnée d'un peu de tendresse et de beaucoup de chauvinisme, est un grand fédérateur dans un monde devenu impitoyable, où le prix à la pompe s'envole et où les yaourts deviennent un produit de luxe.

Le succès des Chtis est à mettre en parallèle avec "La Star Academy", l'élection de Miss France, et autres fadaises franchouillardes du même acabit, où des bons petits gars de chez, nous venus des quatre coins de l'Hexagone et de nos DOM/TOM, font parler le génie français.

L'ennui c'est que le génie français ne vole pas très haut par les temps qui courent, mais qu'importe, il nous appartient et personne ne peut nous l'enlever.  Les Chtis n'est pas un produit exportable, il a connu son heure de gloire dans notre belle France, et c'est là qu'il sera enterré.



Un parallèle avec le désamour des français à l'égard de leur président: tant que Sarkozy n'était qu'un candidat impétueux à l'élection présidentielle, un bon p'tit gars de chez nous, qui plus est, empêtré  dans un contexte conjugal problématique, qui méritait toute notre sympathie, il bénéficiait d'une cote d'amour au zénith. Le jour où il a commencé à fréquenter des milliardaires, à voguer sur des yachts  et à sortir avec un top modèle, les français se sont sentis trahis. Il abandonnait la franchouille, pour naviguer dans un Jet set cosmopolite, inatteignable, d'un autre monde. Il avait cessé d'être un biloutte.

Or, un ex biloute qui se distingue des biloutes à vie,  dégringole dans les sondages. C'est comme ça au pays des biloutes.

 

J'avais envie depuis un moment d'écrire un article sur le sujet, et voilà que Le Pen me devance, en proclamant "que le succès du film de Dany Boon est un signe de la décadence de l'esprit français". Je suis si rarement en phase avec le Führer du Front National, pour souligner les rares fois où je partage son analyse. Sauf que cette décadence a commencé, d'après moi,  avant la parution du film sur les Chtis. Je la situerai dans les années 1939/1940 où une grande majorité des français a épousé les thèses non moins franchouillardes de la bande à Pétain/Laval, reprises par Le Pen.

Le seul signe encouragent que je perçois dans cette "décadence" stigmatisée par Le Pen, est la descente aux enfers du Front National. Tout n'est donc pas perdu dans notre belle France !

 

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Mercredi 30 avril 2008

 

 


Les archéologues israéliens n'ont pas attendu un quelconque accord politique qui aboutirait ou n'aboutirait pas à un nouveau tracé de frontières entre Israël et une entité palestinienne à voir le jour, ils l'ont déjà anticipé et se sont partagés, avec leurs collègues palestiniens, ce qu'en langage archéologique, on appelle les biens meubles. Pour mieux comprendre ce jargon et la nature des concessions, il suffit de lire un paragraphe de cet accord : "Les artefacts découverts après le 4 juin 1967 (date de la guerre des Six-Jours) et de l'occupation israélienne de la Cisjordanie, doivent être remis à l'Etat dans lequel ils ont été mis à jour"

Qu'est ce qu'un artefact ? Les 900 manuscrits de Qumran sont des artefacts, tout ce que les archéologues ont trouvé en 40 ans de fouilles  sur plus de 850 sites situés en Cisjordanie et à Jérusalem-est, sont des artefacts.

Donc les objets et manuscrits, meubles,  c'est à dire transportables, seront remis à l'Etat palestinien, conformément aux dispositions de cet accord.

Un autre paragraphe non moins volcanique suit: "Les artefacts des collections des musées qui y ont été amenés après le 4 juin 1967 devront être rapatriés". Cela concerne au premier lieu  les manuscrits inestimables de la mer Morte qui végétaient à Jérusalem-est, et ont été rapatriés après 67, par les israéliens dans des musées israéliens. Ils devront être restitués aux palestiniens, selon les termes de l'accord. Quelques aménagements seront apportés à ces dispositions abruptes mais les termes de l'accord sont parfaitement clairs.


Cet accord insensé appelle deux commentaires:

 - la quasi totalité des artefacts sont liés aux Juifs et non pas à une quelconque civilisation palestinienne ou cananéenne, qui se voit attribuer quelques objets qui datent de l'âge de bronze. Qu'ils les gardent !

- J'ignorais que les artefacts trouvés appartenaient  aux archéologues qui les dénichaient et qui seraient libres d'en disposer ou d'indiquer leur destination future. C'est peut -être comme ça dans les films d'Indiana Jones mais dans notre cas nous ne naviguons pas dans la fiction mais dans la réalité.


Pour faire simple, cela signifie que notre héritage historique, dans ce qu'il a de plus précieux, nous sera enlevé et remis dans les mains de ceux qui se verront attribuer les territoires dans lesquels  cet héritage aura été trouvé. Abu Mazen, le Hamas, le Hezbollah, ou je ne sais trop qui, récupéreront, par exemple le Rouleau d'Isaïe découvert dans les grottes de Qumran. Si on est gentil avec eux, ils pourront nous le prêter, stipule l'accord.

Les archéologues et universitaires israéliens qui ont participé et à cet accord qui s’intitule, j'oubliais de vous le dire, "Accord sur l'héritage culturel de la Palestine et d'Israël", marchent sur la tête et devront à mon sens être internés dans des maisons spécialisées à cet effet, en Cisjordanie, s'ils le souhaitent.



J'ai déniché cette perle dans un canard qui nous veut du bien, à savoir Courrier International, une publication du Monde, qui reprend un article publié dans Haaretz.

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Mercredi 23 avril 2008

 

L'émission sur La 2 qui traitait de Mitterrand sous l'Occupation, a mis en exergue  l'occultation de la Shoah par Mitterrand, mais aussi par De Gaulle. 

 

Point d'orgue : Mitterrand interrogé par Elkabach, soutient que les seuls juifs à avoir perdu leurs droits sous Vichy étaient les "juifs étrangers", ceux qui ne possédaient pas la nationalité française, ce qui est une contre vérité historique, assénée avec cynisme ou par ignorance crasse; ce qui est étonnant pour un Président féru d’Histoire.
A son grand ami Dayan, qui lui fait part des vicissitudes  des Juifs sous Vichy, il ne trouve à répondre que  dans cette guerre,  tout le monde a sa part de malheurs.

Son amitié pour Bousquet, de sinistre mémoire, ne lui a jamais posé problème, et ce, jusqu'à la fin de ses jours. C'était, d'après Mitterrand, un personnage intéressant


Mais ce que j'ai appris dans cette émission c'est que ni Mitterrand ni De Gaulle n'avaient   jamais consacré, ne serait ce qu'un paragraphe, dans leurs bouquins à la Solution Finale, à l'extermination des Juifs, sous le régime de Vichy.
Manque d’intérêt pour ce "détail de l'Histoire" comme dit le Pen, ou oubli volontaire. Je pencherai pour la première solution: un  "je m’enfoutisme"  total.

Bourgeois cathos de droite, et, pour ce qui est de Mitterrand, dans sa jeunesse,  d'extrême droite,  nourris depuis avant leur enfance, dans un antisémitisme de classe viscéral, ces deux Présidents n'ont jamais attribué la moindre importance ou même un simple intérêt à l'extermination des juifs, orchestrée en France par le sinistre Laval et ses sbires , sous l'œil bienveillant du Maréchal, le Marais...sale.

Je me fous que Mitterrand - pour lequel j'ai voté, et je m'en mords encore les doigts - jeune ambitieux, ait collaboré avec Vichy, et reçu, à ce titre la plus haute
distinction vichyssoise  la Francisque, il aurait dû, à un moment ou à un autre de sa longue carrière d'homme de gauche, stigmatiser les crimes de Vichy contre les juifs. Quant à De gaulle qui du moins n'a jamais collaboré avec les bourreaux, il aurait pu laisser derrière lui autre chose que la fameuse phrase "peuple sûr de lui et dominateur" qui s'applique d'avantage aux allemands de l'ère hitlérienne qu'aux juifs menés à l'abattoir.

 

Sur ce, j'avance une thèse qui vaut ce qu'elle vaut. Notre Sarkozy national se distingue de tous ses prédécesseurs, hommes de droite, quelle qu’ait pu être leur coloration politique, dans la mesure où il  est ouvertement philosémite, voir d'avantage. Cela ne contribue t-il pas à plomber ses sondages ? J'aurais tendance à croire que cela y contribue assez largement.

Sa visite prochaine en Israël va encore accentuer la courbe descendante des sondages. Vous pariez?

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Lundi 21 avril 2008
Digressions hébraïques sur le 'Haméts.

Il convient à Péssa'h, de chasser le 'Haméts de sa maison, et, comme le disent les 'Hakhamim, de le bannir de son cœur.  Je ne suis pas contre pour ce qui est de la maison, mais pourquoi devrais-je chasser le levain de mon cœur?

On me répond que le 'Haméts symbolise l'orgueil qui fait gonfler l'homme imbu de son importance, et qu'à Péssah, encore plus qu'à un autre moment de l'année, l'orgueil est un péché mortel. Or, rien dans la langue hébraïque  n'évoque une quelconque similitude entre le levain et l'orgueil.

Par contre 'Haméts a la même racine que 'Hamouts qui signifie acide. La meilleure preuve, le vinaigre se dit 'Hométs. Donc, sur le strict plan étymologique, je devrais éliminer le levain de ma maison et l'acidité de mon cœur. Ce serait donc une histoire de PH. Je suis assez d'accord sur ce point, car rien n'est plus désagréable à Péssah ou à tout  autre moment de l'année  que d'avoir affaire à des personnes acides, aigries  ou de se comporter soi même en "vin-aigre".

Les choses se compliquent quand on constate que oxydation en hébreu se dit  'Himtsoun, donc possède la même racine que 'Haméts.

Or, qu'est ce que l'oxydation, si ce n'est une réaction chimique dans laquelle un composé se combine avec un ou plusieurs atomes d'oxygène,  comme par exemple l'oxydation du fer qui produit la rouille. 

Et voici que miracle, oxygène en hébreu se dit 'Hamtsan. L'oxygène, ou l'air, pour faire simple, a de nombreuses propriétés positives; entre autres, il nous permet de vivre, car point d'oxygène, point de vie; la preuve, ces pauvres planètes qui ont tout pour être heureuses mais sont dépourvues d'oxygène. Autre utilité, en le combinant à deux atomes d'hydrogène, soit Méiman, il nous permet de boire de l'eau. Or, quand on laisse tremper du fer dans l'eau, il rouille ou s'oxyde, ce qui revient au même. L'oxygène n'a donc pas que des propriétés sympathiques.

L'oxygène permet aussi de gonfler des ballons et/ou de gonfler la poitrine à en devenir carrément  gonflé ou gonflant, imbu.....d'orgueil et d’oxygène.

Moralité, les Hakhamim ont eu parfaitement raison d'interdire que le 'Haméts ne vienne envahir nos maisons ou nos cœurs à Péssa'h, pour des raisons halakhiques, chimiques  et surtout étymologiques.

Mais, il convient d'ajouter, qu’avant l'orgueil, il  y a l'acidité ou l'aigreur car la proximité entre 'Haméts et 'Hamouts est immédiate, alors que l'orgueil est une notion dérivée. Pourquoi les rabbins nous interdisent-ils l'orgueil et non l'aigreur ou l'acidité; ce serait logique, compte tenu de la proximité étymologique entre les mots 'Haméts et 'Hamouts ?

En hébreu, le verbe rater, qui se dit Léa'hmits comporte la même racine que   'Haméts. On rate une occasion, on brûle un plat, on passe à côté de quelque chose de fondamental. L'oxydation, la fermentation, l'acidité, une physionomie aigre (‘Hamouts panim) ne   donne pas envie d'engager la conversation. Tout ça est un immense gâchis, un  ratage : une     personne aigrie rate sa vie et acidifie par la même occasion la vie de ceux qui l'entourent , tout comme l'orgueilleux qui met de la distance entre lui et les autres.

Péssa'h serait donc là pour nous rappeler qu'il est surtout interdit de créer des barrières entre nous, parce que nous avons tous été libérés d'Egypte, en même temps.

Mais il y a une autre notion à retenir: c'est la formidable richesse de l'hébreu, seule langue, qui avec trois lettres, est en mesure d'ouvrir des horizons infinis où  la physique rejoint la philosophie et la psychologie.

Peut -être que ce billet d'humeur amènera certains de mes lecteurs à raconter l'année prochaine la Haggadah en hébreu, laissant au placard les traductions poussiéreuses, souvent inexactes, et qui nous font manquer (Léa'Hmits) la formidable richesse de notre langue.

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Jeudi 17 avril 2008

 

 

La Négritude revendiquée par Aimé Césaire fut une lutte acharnée menée essentiellement contre les stéréotypes imbéciles qui empêchent de se pencher sur l'Autre pour en découvrir la spécificité et la richesse. A ce titre son combat fut d'avantage culturel et éthique que politique.

 

Sartre en 1948 dénonce la chosification par le regard de l’autre, qui rejoint la pensée de Césaire, en l’amplifiant et en la rendant universelle.

La chosification de l'homme, théorisée par Sartre, a conduit depuis des millénaires à l’esclavage, dont les Noirs n'avaient pas le monopole, bien qu'ils en aient payé un lourd tribut, mais elle a conduit aussi aux Chambres à gaz, qui ne posaient pas de problèmes de conscience aux Nazis car exterminer des "choses nuisibles" ne pouvait pas porter à conséquence.

A ce titre la Négritude et la Judéitude se rejoignent. Dans les deux cas de figure l'homme réel est remplacé par son stéréotype: le nègre au nez aplati est bestial et le juif au nez crochu est démoniaque.

Qu' à cela ne tienne, Aimé Cesaire a revendiqué avec courage sa Négritude, et, avec ses pairs, a largement contribué à lui donner ses lettres de noblesse. Ses frères en couleur lui doivent une fierté retrouvée, et avec eux, d'autres minorités "chosifiées".

 

La Judéitude, à l’instar de la Négritude, est une forme d' identité différenciante,  qui se veut à la fois spécifique et universelle.
Par contre il existe des différences sensibles entre Négritude et Judéitude

- Il est plus facile de cacher que l'on est Juif que Noir. En effet un juif honteux traverse la foule en cherchant à s'y identifier , alors qu'il ne peut exister de Noir honteux. Trop visible.

 

- Un juif n'a pas besoin d’inventer la Judéitude; elle existe depuis des millénaires, alors que Aimé Césaire et ses pairs, ont été amenés à en définir les contours; ce qui augmente d'autant leurs mérites.

 

Un Juif a le choix de revendiquer sa Judéitude, avec les avatars qu'elle comporte et ses contraintes, ou à s'y soustraire. C'est sans doute pour cela que D. ne l'a pas fait noir, lui donnant en cadeau le libre arbitre de la revendiquer ou de la rejeter.

 

Aimé Césaire surnommé "le nègre fondamental" a lutté avec vaillance toute sa vie contre les stéréotypes qui ont colonisé non seulement des hommes mais également des consciences. Il n'était pas grand mais c'était un géant.

 

Pour preuve voici un extrait d'un poème  rapporté par le rabbin Gabriel Fahri :

 


" Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juif, un homme-cafre, un homme-hindou-de-Calcutta, un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas, l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture. On pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir de compte à rendre à personne, sans avoir d'excuses à présenter à personne, un homme-juif, un homme-pogrom, un chiot un mendigot."


 

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Mercredi 16 avril 2008

 

 

La réunion de Doha, Capitale du Qatar, a été marquée par des péripéties diverses et variées. La première surprise vient du nom même de la conférence qui s’est intitulée en toute modestie : "forum international pour la démocratie, le développement et le libre échange". Certains pays qui auraient dû y participer,  tels l’Iran ont brillé par leur absence. A mon avis, c’est parce qu’ils n’avaient pas compris l’intitulé du forum : "Démocratie, Libre, Echange", inconnus dans le vocabulaire persan.

A marquer d'une pierre blanche - et non pas noire, comme celle qui siège à la Mecque - la promesse de la chaîne Al Jazirah  qui, précisons le, appartient à l'Emir du Qatar et qui diffuse désormais en anglais, de s’engager à d’avantage d’objectivité vis-à-vis d’Israël. La chaine a promis-juré, que désormais, ses analyses et reportages traitant d'Israël seront plus équilibrés, autrement dit plus proches de la bonne vieille réalité. C'est un engagement de taille, quand on sait le parti pris systématique de la chaine en faveur des palestiniens, surtout ceux qui se lèvent de leur cercueil pour prendre leurs jambes à leur cou, après avoir été exhibés à la foule comme des Shahid. Attendons pour voir.


Assistaient à la conférence les représentants de la Palestine avec à leur tête, le député israélien Tibi, adjoint au président de la Knesset. Personnage caméléonesque qui se targue de représenter la Palestine alors qu'il siège au parlement israélien.


Mister Tibi n'a rien trouvé de mieux que de dénoncer l'apartheid que pratique Israël, pays non démocratique par excellence; ce qui est malgré tout étrange, parce que si c'était vraiment le cas,  il n'aurait pas occupé ces glorieuses fonctions en Israël, et la voiture de service qui va avec ; Tsipi n'a pas manqué de le lui rappeler. Sur ce, il paraît que ses propos auraient été déformés par le site officiel de la conférence. Tout le monde peut se tromper.


Enfin, ce même site cite, sans jeux de mots, le nom des agents de sécurité qui accompagnaient Tsipi Livni. Ce qui ne se fait pas et qui a mis le Shabak dans une colère noire. Imaginez les barbouzes israéliens désormais sur Face book. Ca fait désordre.


Enfin, et c'est ce qu'il y a de plus palpitant, Tsipi s'est offert un moment de détente bien mérité, dans les souks de Doha, où paraît-il, les israéliens sont bien appréciés par les commerçants. C’est normal, ils n'en ont encore vu aucun. Tsipi était proprement enchantée par sa visite informelle et s’est promis de retourner le plus vite possible en villégiature dans ce beau pays si accueillant.


Pendant ce temps Mahmoud Abbas accordait la plus haute distinction palestinienne "la médaille de la bravoure'' à deux charmantes dames qui ont beaucoup fait pour dépeupler la terre d'Israël. Abbas est décidément un féministe convaincu et un éducateur hors pair, qui n’oublie jamais la jeunesse palestinienne assoiffée d’exemples de bravoure, et de ce fait,  un partenaire on ne peut plus fiable pour dialoguer avec Israël.

Mon ton léger ne sera pas apprécié par tous, mais que voulez vous, on passerait la journée à pleurer de rage sans un peu de dérision.


 Il n'empêche que l'accueil officiel réservé par le Qatar à un ministre israélien et les promesses d’Al Jazirah à un peu plus d'objectivité valent la peine d'être soulignés, sans pour autant déclencher un enthousiasme délirant. Quant à Mahmoud Abbas et au député Tibi, ils mériteraient largement une place à l’ombre, dans les prisons israéliennes, près de Ahlam Tamini et Amna Mouna, les deux lauréates du prix de la bravoure.

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Mardi 8 avril 2008