Vendredi 11 juillet 2008

 

Ce qui m' intéresse dans l'Affaire Olmert, ce n'est pas tant l'Affaire en soi, parce qu'elle est d'une banalité affligeante, compte tenu des moeurs politiques israéliennes. De tous temps, des hommes de pouvoir en Israël – et non pas tous les hommes au pouvoir - ont arrondi leurs fins de mois, d'une façon ou d'une autre. Ce qui m'intrigue, c'est de savoir qui est à l'origine de cette affaire, qui a joué le rôle de "gorge profonde – deep throat" (voir Affaire Nixon), qui a manipulé Talansky, pour qu'il se mette à chanter comme un pinson, et à balancer à la police son "cher ami" Ehoud Olmert, et pourquoi l'a t-il fait ?

N'ayant pas l'ombre d'une piste, je ne peux qu'émettre des hypothèses, en espérant que l'une d'entre elles se vérifiera dans le futur.

Hypothèse I

Les propos belliqueux prononcés par des responsables de Kadima, et non démentis par Olmert - qui va même se promener à Dimona - sur la nécessité d'un opération musclée contre les iraniens, ont effrayé les américains, qui ne peuvent accepter, en aucune façon, que le prix du baril continue à monter. Pour empêcher cette opération, la Maison Blanche a manipulé Talansky pour qu'il fasse tomber Olmert, paralysant ainsi (ou pensant paralyser) toute opération israélienne d'envergure contre l'Iran. Ceci est renforcé par l'absence de résultats dans les négociations avec les palestiniens, qui laisse penser aux américains, qu'Olmert fait semblant de discuter, sans aucune intention d' aboutir.

 

Hypothèse II

On constate en Israël que chaque fois qu'un Premier Ministre envisage de faire des concessions territoriales, ou les fait, il lui arrive des bricoles très peu de temps après. Cela a été notamment le cas avec Ehoud Barak en 2000. Les pourparlers que mène Olmert avec Assad, via la Turquie, sur le lâchage du plateau du Golan, la division envisagée de Jérusalem, les négociations avec le Hamas, ne sont pas au goût de certains, pour qui la disparition d'Olmert de la scène politique est une oeuvre de salubrité publique.

Cette hypothèse aurait deux facettes. Dans un cas, Talansky, à qui Olmert, en son temps, avait promis qu'il ne toucherait pas à Jérusalem, se sent trompé, et c'est en toute connaissance de cause qu'il le jette au chiens, pensant ainsi déjouer les projets de son ancien ami. Deuxième cas de figure: Talansky est simplement manipulé par la large mouvance qui n'accepte aucune concession territoriale, ni aucun pourparler avec les arabes.


Hypothèse III

De loin la plus triviale: quelqu'un veut devenir Calife à la place du Calife. Ce ne sont pas les candidats qui manquent; les paris sont ouverts. Les intéressés peuvent venir aussi bien de Kadima, d'Avoda que du Likoud, voir des partis religieux.


Il est vrai que je n'émets aucune hypothèse qui serait fondée sur le souci de la probité des moeurs politiques israéliennes; ce temps là est malheureusement révolu, s'il n'a jamais existé.

Si vous avez des idées ou des informations, sur cette question qui me paraît essentielle, et qui n'est pratiquement jamais posée, je suis preneur.


 

 

Par Arié - Publié dans : Les Israéliens - Voir les 3 commentaires
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