« Vous êtes un pédé qui travaille pour les juifs »
Histoire recueillie de première main, donc authentique de chez authentique. Elle se déroule dans un tramway, moyen de locomotion démocratique et républicain, dans une belle et grande ville de la province française. Une arabe – il ne faut pas avoir peur des mots – avec une poussette, agresse verbalement un jeune homme, vendeur dans un magasin de prêt à porter, que la dame semble bien connaître; le magasin et le jeune homme: « Chez X vous n’êtes que des voleurs, et puis vous nous surveillez quand on rentre avec des poussettes. Vous êtes un pédé qui travaille pour les juifs » Et une passagère de surenchérir : «c’est vrai que chez X, vous êtes plus cher qu’ailleurs ». J’ignore la confession de cette seconde passagère, ce qui n’a d’ailleurs aucune importance. Le pauvre garçon ne sait plus où se mettre et s’empresse de descendre à la station suivante. Fin de l’histoire.
Cette petite histoire, qui par ailleurs, me gène aux entournures, dans la mesure où je connais les protagonistes et le mal qu’ils se donnent pour satisfaire, même les dames avec des poussettes, m’a servi de détonateur pour le reste de cet article
L’impunité que lui confère l’origine ethnique, l’état de mère, puisque poussette il y a, autorise une voyageuse, dans des transports en commun, à transgresser les lois de la République, qui lui verse certainement les allocations prévues par la législation de cette même République, à traiter un jeune homme de « pédé », alors qu’elle ne doit pas tenir la chandelle, il me semble, à dénoncer l’appartenance du commerce en question à une ou des personnes d’une confession définie, différente de la sienne, et à remettre en question le Droit du Travail en vigueur dans le pays où elle promène sa poussette, qui autorise tout individu, à travailler où bon lui semble, quelle que soit la confession du patron. Je ne suis pas juriste, mais il me semble qu’il y a là trois motifs d’inculpation, au moins. Sans tenir compte que si la dame en question déplore que dans le magasin X on surveille les poussettes, on peut penser – simple supposition de ma part – qu’elle considère, pour le moins, qu’une poussette est l’endroit idéal pour y cacher un larcin.
Mais inculpation, il n’y en aura point. La voyageuse et la poussette se sont évanouies dans un anonymat protecteur. Et puis, il ne s’agit que d’une historiette qui se produit cent fois par jour, sous des formes diverses. Il ne faut surtout pas jeter la pierre au jeune homme, en déplorant son manque de répondant, car s’il avait répondu aux insultes, ou pire encore, les conséquences auraient pu s’avérer dramatiques. Les représailles en France, ça existe!
Nul n’est censé ignorer la Loi, dit-on en France, et ailleurs. En hébreu, ou plus précisément en araméen (pour être compris par tout le monde), il existe une Loi qui se veut universelle et qui dit: « La Loi du Royaume (ou de la République) est la Loi » (et doit être respectée par tous ceux qui vivent dans le royaume), Dina démalkhouta, dina. Tous les juifs ne connaissent pas cette phrase, mais la quasi totalité d’entre eux savent que c’est ainsi qu’il faut se conduire, dans le respect des Institutions de la République et des gens qui l’habitent. Le problème, c’est que le tango se danse à deux, selon les mêmes règles et au son de la même musique; dans le cas qui nous concerne, il s’agit de la Marseillaise. Or, je vous le demande, comment sera élevé le nourrisson qui sommeille dans la poussette de la dame des transports en commun ?
Une autre maxime hébraïque nous dit: Dérékh Eréts kadma la Torah, qui signifie: « la marche sur la terre a précédé le don de la Torah ». Ce qui implique que le savoir vivre, le savoir être, la vie en communauté, toutes tendances confondues, a précédé le don de la Loi. Donc, avant la venue de Moïse, de Jésus, de Mahomet, et, des Autres, les hommes étaient censés avoir une intuition de ce qui se fait ou se dit, indépendamment de leurs croyances ou foi respectives. Force est de constater qu’une fraction de l’humanité s’est affranchie de cette règle, disons, de bienséance.
Que faire alors? Désolé pour l’excès de citations hébraïques, mais il y a une autre phrase qui me vient à l’esprit: Parmi les Sept Lois noahides – donc, celles qui devaient s’appliquer à l’ensemble de l’Humanité, descendante de Noé (donc bien avant la constitution des religions), il en existe une qui s’intitule: Choftim véchotrilm tassim be Kol gvoulékha. Qui signifie que le Pouvoir doit mettre en place, tout le long, et, à l’intérieur de ses frontières, des Tribunaux pour juger et des policiers pour faire appliquer la Loi. Non pas des Tribunaux bidons, des lois bancales et des policiers accommodants, mais de la bonne et vraie Justice et une application rigoureuse de la Loi. Il n’y a pas moyen de faire autrement à partir du moment où des individus considèrent que les Lois ne s’appliquent pas à eux.
J’en conclus qu’il ne faut rien laisser passer, sans pour autant s’abaisser à leur niveau, et qu’un débat, bien compris, sur l’Identité, ou plutôt sur l’appartenance nationale, est tout à fait d’actualité.
Posted: décembre 19th, 2009 under La France, Sarkozy et les Français, Non classé.